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mardi 2 juin 2015

Deux portraits exceptionnels en vente à Drouot le 15 juin 2015


Si les ventes, passées et à venir, ont été riches en "Corneilles" (pour reprendre le nom générique que l'on donnait aux petits portraits de Corneille de La Haye dit de Lyon dès le XVIIe siècle), les oeuvres des autres artistes de la Renaissance française restaient rares (un article sur le sujet est à venir). Aucun Clouet, ni Decourt, ni Quesnel... 
Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres. La trop nécessaire et néanmoins affreusement triste vente des biens du château de Haroué près de Nancy fait en effet venir sur le marché deux œuvres exceptionnelles de par leur état de conservation, leur taille, leur présentation et leur historique d'une clarté remarquable. Ce sont les rares rescapés d'une tradition française de grands portraits en pied comme il en existe encore beaucoup de l'autre côté de La Manche, précieusement gardés depuis les siècles dans les vastes galeries des vieux manoirs et châteaux. Hélas, en France, ces grands tableaux avaient à affronter les changements de goûts et d'habitudes, mais aussi les événements dramatiques comme les guerres de Religion, la guerre de Trente Ans ou la Révolution et les destructions qui ont suivi. Ainsi périt le beau château de Noviant qui abritait nos deux portraits, récupérés par la famille pour être placés dans le vestibule du château de Haroué, lui aussi dévasté en 1793. Espérons que leur futur propriétaire saura leur trouver un cadre digne d'eux, à moins qu'un musée lorrain ou l'Etat ne s'y intéresse...


Vente AuctionArt Remy Le Fur
15 juin 2015 à 15h
Chosen Pieces. Provenant de la Collection de la Princesse Minnie de Beauvau-Craon au château de Haroué
Drouot-Richelieu salle 1
Exposition publique samedi 13 juin de 11h à 18h et lundi 15 juin de 11h à 13h

1. Attribué à François QUESNEL (1543-1619)
Portrait de Jean de Beauvau, sieur d’Auviller à l’âge de 35 ans
Huile sur toile (restaurations anciennes)
220 x 100 cm
Inscription en haut à gauche :  « Iean. de. Bavvav. Sievr. d’Avviller / Aage. de. 35. ans. L’an. 1.5.9.8. [ajouté plus tard] marescha. des. camps. et armees. / dv. Roy henri. iiii. »

2. Attribué à François QUESNEL (1543-1619)
Portrait de Louis de Beauvau à l’âge de 29 ans
Huile sur toile (restaurations anciennes)
220 x 100 cm
Inscription en haut à gauche : « Lovys. De. Bavvav.Comt.de. / Tremblecovrt.aage.29.ans. / Lievtenant.general.en. / Bovrgongne.povr.le.roy. / henry.iiii »


Représentés en pied plus grand que nature, deux gentilshommes dans la fleur de l’âge posent pour la postérité dans une attitude fière et presque altière. La composition est celle des portraits des souverains Habsbourg depuis Philippe II et de leurs capitaines les plus titrés et les plus illustres : le modèle, vêtu d’une demi-armure de parade mais chaussé de légers souliers de cour, retient l’épée de la main gauche et appuie la droite sur une table où sont disposés un heaume et des gants de chevalier. L’habit des deux jeunes hommes en soie blanche tracée de galons d’or pour l’un, en soie noire parée d’argent pour l’autre, et leur armures italiennes damasquinées et ornées de trophées et de scènes mythologiques pourraient parfaitement seoir à un prince de l’Empire. En velours vert ou rouge frangé d’or, des rideaux superbement drapés et des tapis de table renforcent l’apparat de l’ensemble.
Les annotations anciennes renseignent l’identité des modèles qui s’avèrent être deux fils cadets de Claude, baron de Beauvau, de Manonville, etc. (mort en 1596) issu de l’une des plus anciennes maisons lorraines vassale de la France par ses possessions patrimoniales en Anjou et parente des Bourbons par le mariage, en 1454, d’Isabelle de Beauvau et de Jean II de Bourbon-Vendôme, trisaïeul de Henri IV.
Bailli et capitaine de Hanston-le-Châtel, maître de la garde-robe d’Antoine de Bourbon, roi de Navarre, Claude de Beauvau fut nommé par le duc Charles III de Lorraine gouverneur du son fils aîné, Henri, marquis de Pont-à-Mousson puis duc de Bar. Son frère Jean de Beauvau, seigneur de Pange, fut conseiller au Conseil Privé du duc et chef de ses finances.
Claude de Beauvau avait épouse en premières noces Nicole de Luxelbourg, comtesse de l’Empire, baronne de Fléville et de Turquestaing. De ce mariage il eut Charles, seigneur de Fléville (mort en 1580), premier gentilhomme de la chambre du prince Henri de Lorraine. Veuf, Claude de Beauvau se remaria avec Jeanne de Saint-Beaussaint, dont il eut trois filles et deux fils, Jean et Louis, élevés dans l’entourage du prince Henri.
Né vers 1563, Jean de Beauvau reçut les seigneuries d’Aviller ou Avillers et de Noviant. Ayant choisi une carrière militaire, il ne brilla guère. Voué au parti catholique, il combattit les troupes de Henri IV jusqu’au siège du château de Beaune en 1595 où il commandait un régiment à pieds (Discours véritable de la prinse des ville et chasteau de Beaune, 1596, p. 32). Après la soumission du duc de Mayenne, chef de la Ligue, en novembre de la même année, il passa au service de Henri IV. Dès avant la fin du règne, Jean de Beauvau revint s’établir dans ses terres lorraines. Conseiller d’État du duc, gentilhomme ordinaire de la chambre du cardinal de Lorraine, il fut nommé bailli de Bassigny en 1599, sénéchal de Barrois en 1616 et de Lorraine en 1632. De son mariage en 1606 avec Antoinette d’Urre de Theissières, il n’eut qu’un fils, Anne-François (1617-1669), fait marquis de Noviant par lettres patentes de Louis XIII en 1642. Le roi séjourna d’ailleurs au château de Noviant le 24 juin 1632 avant de se rendre à Liverdun où il allait conclure un traité avec le duc Charles IV de Lorraine. Jean de Beauvau mourut en 1636.
Son frère cadet Louis fut en son temps beaucoup plus célèbre. Né vers 1567 et titré seigneur de Tremblecourt, il s’illustra pendant les campagnes italiennes et marqua les esprits en vainquant en duel un gentilhomme de l’entourage du duc de Guise. Il poursuivit sa carrière en Flandre sous les ordres d’Alexandre Farnèse, duc de Parme, en qualité de lieutenant du régiment de Saint-Balmont, son parent. Il eut ensuite la conduite de ce régiment fort de douze compagnies, devenu régiment de Tremblecourt. Ayant, comme son frère, embrassé la cause de la Ligue, il seconda les armées du duc de Mayenne à Tours en 1589 et fut fait prisonnier à la bataille d’Arques peu après l’avènement de Henri IV. Le souverain aurait souhaité que Tremblecourt le rejoigne, mais ne put obtenir du capitaine que son éloignement des combats pendant une année, ce qui explique pourquoi Louis de Beauvau avait, à la bataille d’Ivry en 1590, abandonné le commandement de son régiment au seigneur de Panges, son cousin. Il retrouva ses compagnies dès 1591 et avait souffert à Saint-Denis (Henri IV pensait même qu’il était mort), puis au siège de Noyon en 1592. En 1594, il accompagna encore le duc de Mayenne dans ses déplacements, mais la conversion de Henri IV le poussa à déposer les armes. Dès lors, officiellement au service de Maurice de Nassau, mais officieusement à celui du roi de France, Tremblecourt prépara, avec Jean d’Aussonville, l’invasion de la Franche-Comté. La campagne s’ouvrit en janvier 1595 et fut un échec en raison de l’arrivée des troupes espagnoles et du mauvais temps. Agissant ouvertement au nom de Henri IV, Tremblecourt eut notamment à prendre, puis à défendre le château de Vesoul. Rentré en Lorraine, il trouva la mort en 1596 à Remiremont, tué d’un coup de mousquet dans des conditions troubles.
Nos deux portraits sont exceptionnels à plus d’un titre. Tout d’abord, ils manifestent la soumission de l’aristocratie catholique et lorraine à Henri IV, soulignée dans les annotations (même si la partie qui donne à Jean de Beauvau la qualité de maréchal de camp est postérieure et erronée) et mise en évidence par l’écharpe blanche des Bourbons nouée au bras de Jean. Il semble par ailleurs que les deux portraits faisaient partie d’un programme plus large incluant également ceux d’Isabelle de Beauvau et de Jean de Bourbon-Vendôme : les images des aïeux communs des Beauvau et des Bourbon vêtus à la mode de la fin du XVIe siècle étaient encore visibles au château d’Haroué en 1837 (E. Grille de Beuzelin, Rapport à M. le Ministre de l’Instruction publique sur les monuments historiques des arrondissements de Nancy et de Toul, Paris, 1837, p. 65-66 ; voir aussi Journal de la Société d’Archéologie et du comité du musée Lorrain, mars 1862, p. 52-53).
D’autre part, conservées dans la famille des modèles depuis l’origine, ces tableaux sont un témoignage rare de portraits français de la fin du XVIe siècle et des survivants miraculés et de ce fait quasi uniques du genre de portrait d’apparat en pied. Car malgré la présentation inspirée par les représentations impériales – il suffit de citer le portrait d’Alexandre Farnèse, duc de Parme, qui combattit Henri IV aux côtés du duc de Mayenne, peint par Jean de Saive vers 1590 (Parme, Pinacothèque) – les deux tableaux se rattachent nettement à la tradition française portée par François Clouet, Jean Decourt, les frères Dumonstier et François Quesnel. On retrouve ici les contours appuyés, la lumière blanche et diffuse, la pose à la fois figée et instable, le rendu minutieux des cheveux ou les carnations traitées en dégradés légers hérités des dessins aux deux crayons qui précèdaient, en France, la réalisation de portraits peints. Le rapprochement entre le portrait de Tremblecourt et son autre image connue, un dessin attribué à François Quesnel datable du début des années 1590 (Paris, Bibliothèque nationale de France, Est., boîte 24, no 15), est particulièrement révélateur. Bien que le modèle semble vieilli dans la peinture, les contours des deux portraits, y compris ceux de la coiffure et de la longue barbe, sont quasi identiques tout comme la rigidité de la posture.

François Quesnel naquit à Edimbourg en 1543 ou 1544 alors que son père, Pierre Quesnel, était au service de Marie de Lorraine-Guise, reine douairière d’Ecosse. De retour à Paris dès avant 1555, les Quesnel restèrent liés à la corporation des peintres de Paris sans que cela les prive des commandes de la cour, relativement ponctuelles toutefois. François Quesnel est cité pour la première fois dans les comptes des Bâtiments en 1571. Décorateur, peintre de retables et dessinateur de cartons pour les tapisseries, il fut surtout portraitiste. Son corpus fut reconstitué à partir de deux œuvres signées FQ : le portrait dessiné d’un enfant (collection particulière) et celui, peint, de Mary Anne Waltham, dame de la suite de Marie Stuart (daté de 1572, Althorp House, Northants). On lui attribue ainsi quelque deux cents dessins, mais seulement quelques peintures, pour la plupart sans relation directe avec un crayon connu. Sa manière semble plus précise dans les tableaux que dans les dessins qui ne sont que des esquisses rapides sur nature et non des œuvres terminées. La renommée de l’artiste, son accessibilité à la différence des peintres royaux accaparés par leur service, mais aussi les liens entre les frères de Beauvau et Paris ainsi que ceux, mal étudiés mais réels, entre la famille Quesnel et la Lorraine, pourraient expliquer le choix d’un artiste parisien pour une réalisation destinée selon toute vraisemblance à orner le château de Noviant de Jean de Beauvau qui cherchait ainsi à mieux asseoir son statut de grand seigneur lorrain et serviteur dévoué du roi de France. 

dimanche 14 septembre 2014

Exposition de tableaux et sculptures à la Galerie Alexis Bordes ou quelques réflexions sur le rôle du chercheur sur le marché de l'art

Le rapprochement entre les chercheurs universitaires et le marché de l'art, qui semblait, il y a quelque temps encore, absolument exclu (officiellement, en tout cas), devient non seulement envisageable, mais parfois même concret, notamment dans le domaine de la peinture ancienne.
Autrefois fleuron du marché, le secteur de la peinture ancienne est aujourd'hui en perte de vitesse et si œuvres des grands maîtres parviennent encore à atteindre des prix considérables, la plupart de tableaux peinent à trouver un acheteur. Le marché se réduit comme une peau de chagrin et les dispersions des collections sont, hélas, plus fréquentes que les créations de réunions nouvelles et les jeunes collectionneurs passionnés catastrophiquement rares. Dans cette ambiance morose, le catalogue devient un outil indispensable, car les quelques informations communiquées oralement ne suffisent guère à convaincre cette nouvelle clientèle, particulièrement tatillonne et exigeante. L'acheteur aujourd'hui recherche non seulement un coup de foudre, mais veut également disposer de toutes les informations possibles sur l’œuvre qui l'intéresse. Outre la biographie de l'artiste, il cherche à comprendre la composition, l'iconographie, la signification d'un tel ou tel élément, découvrir l'originalité du tableau, son histoire, sa place dans l'art, ses rapports avec les autres peintures. Autrement dit, tout ce qu'un historien de l'art à la formation universitaire peut savoir sur l’œuvre. Un chercheur qui ne se contente pas de consulter les bases de prix et les dictionnaires d'artistes, mais va plus loin dans son étude, mobilisant toutes les sources, aussi bien en histoire qu'en histoire de l'art, d'autant quand aucune signature ne donne le nom de l'artiste. Expliquer une attribution : rien n'est aussi difficile et délicat. Comprendre, puis faire comprendre une œuvre pour mieux l'aimer : rien n'est aussi excitant.

Passé ce petit préambule, je me permets de vous convier à la Galerie Alexis Bordes, au 4 rue de la Paix, qui présente actuellement une exposition de peintures anciennes et de sculptures accompagnée d'un catalogue que M. Bordes m'a très gentiment demandé de rédiger. Point de peintures françaises de la Renaissance, hélas, mais un superbe Saint Jérôme pénitent par l'atelier de Joos van Cleve, l'envoutant Duc de Huescar par Nattier, la Grotte de Néptune à Tivoli par Francesco Fidanza, deux marines de Francesco Casanova (le frère de l'aventurier) ou encore Persée ou Alexandre, bronze attribué à Ceribelli de la fin du XIXe siècle qui s'inspire du Scipion du Louvre datant du XVe siècle.
Atelier de Joos VAN CLEVE (Clève ?, ca 1485/1490 – Anvers, 1540/1541). Saint Jérôme pénitent dans son étude. Circa 1530‑1540. Huile sur bois. 63,3 x 43 cm.

Exposition du vendredi 12 septembre au vendredi 28 novembre 2014 (ouverture exceptionnelle les samedi 13 et 20 septembre)
GALERIE ALEXIS BORDES
4, rue de la Paix 75002 Paris
escalier 2, 2e étage droite
Horaires d’ouverture : 10h30 à 13h – 14h15 à 19h
   

lundi 28 avril 2014

1514-2014 Philibert De l’Orme, un architecte dans l’Histoire

http://cesr.univ-tours.fr/medias/fichier/programme_1397823509741-pdf

Pour marquer le cinq-centième anniversaire de Philibert De l'Orme, grand théoricien de l'architecture et bâtisseur parmi les plus inventifs de la Renaissance européenne, le Centre d’Études Supérieures de la Renaissance de Tours organise un colloque qui réunira, du 30 juin au 4 juillet 2014, plusieurs historiens et historiens de l'art. Vous pouvez télécharger le programme ici.

LVIIe Colloque international d’études humanistes organisé par Frédérique Lemerle & Yves Pauwels
L’ANNEE 2014 est celle du cinq-centième anniversaire de la naissance à Lyon de Philibert De l’Orme, le plus grand architecte de la Renaissance française. Artiste fécond, d’une abondance inventive comparable à celle de Michel-Ange, humaniste nourri aux sources antiques romaines qu’il connaît intimement, brillant constructeur imaginant des formules inédites de charpente et concevant des voûtes d’une incomparable virtuosité, écrivain prolifique auteur des Nouvelles inventions pour bien bastir (1561) et du Premier tome de l’architecture (1567) qui sont aussi des miroirs de son œuvre et de sa personnalité, homme de pouvoir exploitant au mieux sa fonction de surintendant des bâtiments du roi, homme de foi enfin, abbé de Saint-Serge d’Angers et chanoine de Notre-Dame, l’architecte favori de Diane de Poitiers et de Henri II a suscité bien des recherches, depuis les travaux que lui consacrèrent à la fin du XIXe siècle Adolphe Berty, Léon Charvet ou Marius Vachon jusqu’aux ouvrages d’Anthony Blunt et de Jean-Marie Pérouse de Montclos. Son œuvre a subi quantité de dommages, mais il en reste assez de témoignages pour que le génie de l’architecte puisse encore être apprécié : le château de Diane de Poitiers à Anet est un remarquable condensé des inventions et des raffinements d’un artiste majeur. Mais l’hôtel Bullioud à Lyon, le tombeau de François Ier à Saint-Denis, les vestiges du palais des Tuileries récemment remontés au Musée du Louvre ou abandonnés à un triste sort au château de la Punta près d’Ajaccio, et des demeures parisiennes peu connues atteste la force créatrice de celui qui fut dans son art l’égal de Rabelais ou de Ronsard.
     L’anniversaire de sa naissance est l’occasion de faire le point sur cette figure phare de la Renaissance et sur les multiples problématiques posées par un homme aux innombrables facettes : peindre le contexte historique, intellectuel et artistique dans lequel il évolue, préciser les contours du savoir-faire d’un homme de métier magnifié par le savoir humaniste, les responsabilités assumées au service de la Couronne et la conscience religieuse, définir l’architecte qui s’empresse d’aller au-delà des règles vitruviennes sitôt qu’il les a maîtrisées comme le littéraire qui transparaît dans l’œuvre imprimée. Tout en faisant référence aux édifices les plus prestigieux réalisés dans le contexte de la cour de France, le colloque développera les aspects les moins connus de la formation, de la culture, de la personnalité et de la production architecturale de Philibert De l’Orme, et s’attachera à la réception et à la fortune de son œuvre au cours des siècles suivants.
     Traités par les spécialistes français et étrangers les plus renommés, les différents thèmes seront abordés dans l’optique pluridisciplinaire qui est celle des colloques internationaux d’études humanistes du Centre d’études supérieures de la Renaissance : la formation scientifique (mathématique en particulier), le contexte historique et culturel (la vision de Rome telle que De l’Orme pouvait l’avoir, païenne et chrétienne et les rapports avec la culture italienne), l’ambiance artistique (littérature musique, sculpture, peinture, décor intérieur, jardin), les rapports entre création et maîtrise des techniques, le lien entre pratique architecturale et écriture théorique, le statut de l’architecte sous le règne des derniers Valois, afin de contribuer à une synthèse originale qui complète en les dépassant les monographies antérieures.

Festival de l'Histoire de l'Art à Fontainebleau du 30 mai au 1er juin 2014

Naumachie à Fontainebleau, tapisserie (détail). Vers 1588. Florence, Galerie des Offices.
Haut lieu de la Renaissance française, le château de Fontainebleau est aussi celui de l'histoire de l'art car il accueille, depuis quatre ans, une manifestation exceptionnelle et précieuse, le Festival de l'Histoire de l'Art. Que l'éloignement du château ne vous fasse pas douter : il faut absolument y aller. D'ailleurs, la route n'est pas si compliquée. En moins de quarante minutes, un train de banlieue vous amène depuis la Gare de Lyon jusqu'à la Gare de Fontainebleau Avon - profitez-en pour lire un article que vous vouliez lire depuis longtemps ou corriger des épreuves ! -, puis un bus de la ville ou, mieux, la navette du festival vous transportent jusqu'au château (arrêt "La Poste" pour la porte de Diane ou "Château" pour entrer par la grande grille). Le tout vous prendra moins d'une heure.
Comme d'habitude, la programmation très riche du festival s'articule autour d'un thème principal - cette année, Collectionner - et d'un pays invité - la Suisse. Le Salon du Livre est un autre point fort du festival. Le programme est ici : http://festivaldelhistoiredelart.com/.
La Renaissance française sera évoquée surtout lors des visites guidées, ainsi que lors de quelques conférences et tables rondes.
Je me permets de vous indiquer celle de Marie-Hélène Tesnière, La prestigieuse collection de manuscrits du duc Jean de Berry, le 31 mai, de 17h30 à 18h30, site de MINES ParisTech, salle 108, bâtiment I.
Vous êtes également invité à la conférence que je donne le 1er juin, Les hommes illustres, les ancêtres, les amis et les belles dames : qu’est-ce qu’une collection de portraits ?, également à MINES ParisTech (35 rue St Honoré), Grand Amphi, bâtiment B, de 12h30 à 13h30.
Mais aussi à la table ronde Le marché des collectionneurs : former l’œil qui aura lieu à MINES ParisTech, bâtiment P, salle 301, le 1er juin de 15h à 16h30 et qui réunit les enseignants de Drouot Formation. J'y parlerai notamment de l'autographie si chère aux collectionneurs et de ses limites lorsqu'il s'agit de l'art renaissant et tout spécialement du portrait.
Plus de précisions sur les deux manifestations du 1er juin dans quelques jours.
Je suis présente au Festival tous les jours, n'hésitez pas à me contacter si vous voulez me rencontrer !
A très bientôt à Fontainebleau !